Publié le 24/04/2009 à 12:00 par jefka
La lucidité est la condition du bonheur car à défaut, comment puis-je prétendre à l’absence de souffrance corporelle et à la tranquillité de l’âme. Devant chaque situation dans laquelle je m’y trouve plongé, sans en connaître les tenants et les aboutissants je ne puis décider ce qui est bon pour moi. Prenons gardes cependant à ne pas confondre lucidité et certitude. Mes faits, gestes et pensées, même si ils sont le fruit d’une attitude lucide eu égard notamment le respect des valeurs qui m’animent, ne certifieront jamais l’exactitude du résultat que j’escompte. N’oublions pas que nous ne sommes point seuls et que l’erreur nous est permise. Mais il est préférable de se tromper que de fauter.
Publié le 23/04/2009 à 12:00 par jefka

Nicolas Sarkozy est de nouveau entré en campagne à l’approche des élections européennes. Même s’il est fort à parier que ce scrutin ne déplacera pas les foules alors qu’aujourd’hui bon nombre de lois nationales sont la transposition de directives européennes, notre Président craint que les listes de l’UMP soient battues, ce qui constituerait plus un désaveu de l’action gouvernementale qu’une volonté populaire d’inscrire la politique européenne à droite. Ainsi, le chef de l’Etat revient sur sa thématique préférée, soit la lutte contre l’insécurité, en se positionnant activement sur le sujet ces derniers jours. Ce thème fît son succès, pourquoi donc s’en priver. Nicolas Sarkozy n’a donc à proposer aux français que de nouveaux délits pour compléter l’arsenal judiciaire. N’est-ce pas là un aveu d’impuissance ? En effet, l’étendue et la dureté des sanctions pour préserver le respect du droit est proportionnelle au caractère criminogène d’une société. Plus le risque de crime est élevé, plus les peines punitives sont fortes pour dissuader ceux qui tenteraient de se détourner de la loi ou surtout se trouverait en situation d’agir illégalement. Une société est donc dite de progrès dès lors qu’elle est en mesure, sans menace pour l’ordre général, d’assouplir son système punitif. Seul le progrès social, et non pas uniquement économique, est capable de lui apporter cette garantie. Autant dire qu’actuellement nous en sommes assez loin.
Publié le 22/04/2009 à 12:00 par jefka
La philosophie est une terre vierge pour le profane qui au gré des conquêtes transfigure le songe en sens.
Publié le 22/04/2009 à 12:00 par jefka

Fallait-il permettre au président de l’Iran, Mahmoud Ahamadinejad, de monter à la tribune de la convention de l’ONU sur le racisme qui s’est tenue à Genève. Les haut-dignitaires onusiens ne devaient-ils pas craindre qu’un camouflet soit inévitable compte tenu de la personnalité du chef de l’Etat iranien et des idées négationnistes dont il s’est fait le porte-parole depuis plusieurs années ? Je pense que ce fût une bonne chose de le laisser intervenir, même si son propos fût ignominieux, car au-delà du discours, c’est l’exercice démocratique qu’il faut entendre. Seule la démocratie est en effet capable de laisser à ses ennemis la liberté de s’exprimer car leurs interventions est l’exposition de leurs propres contradictions vis-à-vis d’un système qui les supportent. Ahamadinejad est intervenu de la sorte dans la perspective du suffrage auquel il devra se confronter prochainement dans son pays, en réaffirmant avec violence un antisionisme présenté comme un défi face à l’oppresseur. Son arrogance a peut-être flatté certains égos nationalistes, mais le peuple iranien a surtout assisté au spectacle d’un chef d’Etat isolé vis à vis de la communauté internationale. Espérons que cette démonstration confortera un peu plus les électeurs à se débarrasser d’un personnage aussi funeste. Quant à l’attitude de la France, sa présence fût courageuse en se montrant respectueuse du principe démocratique et son départ, une fois les propos tenus, tout à fait adéquat. Car la démocratie, même si elle donne à tout à chacun la faculté de s’exprimer, accorde également le droit, tout en restant très attentif, de ne pas écouter.
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par jefka
Dieu est une conjonction entre la finitude de l'homme et l'infini.
Publié le 18/04/2009 à 12:00 par jefka

Je ne partage pas l'optimisme de Michel Serres quant à une réaction universelle de l'homme destinée à préserver notre planète et qui ne serait motivée que par la peur. Cette vision me semble trop irréaliste pour révolutionner les comportements. Il faut un moteur dans toute entreprise d'envergure pour engager un mouvement de fonds et pas seulement des contraintes. De plus, la menace écologique est certes d'ores et déjà présente mais ses effets au quotidien sur une échelle mondiale ne seront ressentis que plus tard. Autrement dit, la peur évoquée par Michel Serres pour dégager une position commune d'urgence n'est pas encore inscrite dans les esprits contemporains. Même si nous nous soucions chacun de nos progénitures à titre individuel, le sort des générations futures dans leur globalité n'est pas une préoccupation partagée par la majorité. C'est donc au politique de se soucier du devenir collectif. Compte tenu de la dimension planétaire du problème, un seul Etat ne peut être l'initiateur d'une nouvelle voie environnementale au nom de tous. Un axe international semble plus approprié. Mais qu'une telle entreprise soit viable, notamment à sa création car les bonnes intentions sont bien souvent éphémères une fois le passage à l'acte accompli, il conviendrait qui soient réunis des pays dont les fondements politiques sont similaires et représentatifs de la volonté des peuples qui les composent. En effet, l'homogénéité institutionnelle peut être le ciment d'une construction réunissant des cultures différentes qui ensuite appelleraient les autres nations à les rejoindre. La démocratie apparaît comme le système qui puisse répondre à cet impératif car elle concerne à la fois des puissances économiquement fortes, donc influentes, et les gouvernements qui la caractérisent en tant qu'élus sont soumis à l'écoute de leurs administrés. Ainsi, même si tout à chacun peut se sentir éloigné à ce jour des enjeux environnementaux, rien ne nous empêche, en tant qu'électeur, d'exiger de ceux qui prétendent nous représenter d'exercer une fois élu leurs fonctions avec comme leitmotiv le sort de la planète. Le suffrage, bien plus que l'angoisse, serait donc une dynamique amenant les gouvernants au changement, la mobilisation étant matériellement concentrée dans une organisation supranationale. C'est donc au peuple de poser la première de ce nouvel édifice. Alors, éco-citoyens de tous les pays, construisons !
Publié le 16/04/2009 à 12:00 par jefka
Le droit s’oppose doublement au devoir : il m’est permis de faire ou de ne pas faire contrairement au devoir qui m’impose une chose, et l’exercice de ce droit m’appartient. Rien ne m’y oblige, je puis volontairement décider de ne pas appliquer ce qui m’appartient. Le droit n’est donc pas l’exacte contrepartie du devoir car son emploi n’est pas incontournable, même si une fois employé, le droit de l’un engage le devoir de l’autre. Il serait donc inapproprié de définir des règles de droit uniquement sur la base du devoir. Ce serait pour l’homme se priver d’un champ de liberté dans la faculté qu’il lui est donné de choisir de se satisfaire ou non de ce qu’il est en droit d’obtenir.
Publié le 12/04/2009 à 12:00 par jefka
Le groupe crée la personne à condition qu'il respecte l'individu.
Publié le 30/03/2009 à 12:00 par jefka

La Rennaissance marque un tournant philosophique vis à vis de la théologie moyenâgeuse. L'homme peu à peu est placé au centre de l'Univers et n'est plus considéré simplement comme une âme perdue dont seul Dieu en sera le sauveur. La Rennaissance à ses débuts accorde pourtant une place d'importance aux pensées antiques. L'idéalisme n'est pas bani d'un trait, certains penseurs visitant encore le Monde des Idées de Platon. Mais vers la fin du XIVème siècle, la découverte de nouveaux territoires et la relative stabilité politique en Europe créent une identité culturelle qui s'interroge dans un sens nouveau. La vérité n'est plus spécialement envisagée comme une entité transcendantale plannant au dessus de la nature. Le savoir conquis chaque jour tend plutôt à accorder à l'homme une place d'honneur en qualité d'être doté de capacités intellectuelles étendues. L'idéalisme s'estompe ainsi peu à peu au profit de l'humanisme et du réalisme. Machiavel s'inscrit dans ces nouveaux courants de pensée. Son terrain de réflexion sera la politique, plus particulièrement l'art de gouverner.
Machiavel naît en 1469 à Florence. Ses activités professionnelles l'amènent à pratiquer la diplomatie et ainsi éprouver les luttes d'influence. Ayant soutenu une république chassant les Médicis, ces derniers revenus à la tête de l'Italie le condamne. Il se trouve pendant un temps écarté des coulisses du pouvoir. Il en profite pour s'adonner à l'écriture et rédige Le Prince, l'ouvrage qui lui confère une nouvelle dimension, celle d'un auteur subversif pour son époque, peut-être par trop moderne. Il rompt en effet avec toutes les idées qui le précèdent au sujet de la politique. Selon lui, le pouvoir politique n'est pas l'affaire d'une inscription divine ou d'un ordre cosmique. Le pouvoir se conquiert par l'usage de la volonté et l'habileté de la démarche. Ce qui intéresse également Machiavel est l'aptitude du puissant à conserver son statut, à se maintenir dans la durée tout au sommet de la pyramide. Il recommande pour cela la lutte perpétuelle pour rester assis sur le trône, que le combat soit interne contre les proches qui escomptent la chute pour prendre place, ou qu'il vienne de l'extérieur par des empereurs avides de conquêtes. Le pouvoir n'est donc pas une forteresse immuable mais le territoire de l'action politique. Le mouvement y est requis, même si les événements qui en découlent font de l'histoire un éternel recommencement. L'immuabilité est dans les faits et non dans les actes. Machiavel n'accorde pas de crédit progressiste aux conflits d'autorité dont le résultat est selon lui toujours à l'identique, sans qu'aucune amélioration n'ait été apportée au mode de gouvernance. Il se détache ainsi de l'idée chrétienne représentant l'homme comme un vecteur de progrès au sein d'un programme divin dont la conclusion serait l'élévation de l'âme. Machiavel est pragmatique et non idéaliste. Seul le pouvoir intéresse l'homme et non le développement du tout, tel est le fond de sa pensée. Il estime d'ailleurs que ce sont les passions qui guident vers le pouvoir et non une spiritualité contingente. L'homme se plaît à dominer et pour se faire, il lui faut une démarche réfléchie qui s'accorde avec les élans, les désirs et les colères de ceux qu'il souhaite diriger. Machiavel professe dans ce sens, à savoir l'abandon des idéaux au profit de la manoeuvre destinée à un seul et unique résultat : prendre le pouvoir et le conserver. Peu importe les moyens employés, seule la fin légitime les actes. Cette position a vallu et vaut encore à son auteur une considération négative de ses contemporains puis plus tard des lecteurs. Elle a pourtant le mérite de l'honnêté vis à vis du genre humain et dans de nombreuses situations eût été moins pernicieuse que certaines idéologies artificieuses.
Publié le 28/03/2009 à 12:00 par jefka
La bioéthique est une morale apparue depuis peu. Son ambition est de guider la science dans sa marche vers la connaissance, qu’ils s’agissent des champs d’expérimentation ou des finalités qui la pousse à agir. Les limites qu’elles souhaitent mettre en exergue ne sont cependant pas aisées à établir dans le respect de l’individu. Qu’est-il possible de contraindre sans qu’aucun un jour ne s’estime lésé par un refus de cet affranchissement à la nature que lui promet la découverte scientifique ? Doit-on par exemple interdire la fécondation in vitro sur une femme sous prétexte qu’il est admis conventionnellement qu’elle ait dépassée l’âge de raison pour donner la vie ? Interdire suppose donc de légiférer car la bioéthique ne pourra se satisfaire de recommandation pour exercer totalement son influence. Dans ce cas, le droit empêcherait l'acte le plus généreux qui soit à celle qui le désire ardemment. Une souffrance en remplacerait donc une autre, celle de se sentir rejetée par une société qu'elle penserait froide, dénuée de toute empathie. Et pourtant, la communauté agirait avec justesse, car au delà de la considération qu'elle doit avoir vis à vis de celle qui ne sera pas mère, c'est du sort de l'être qui ne sera jamais dont il doit être question. L'équilibre générationnel qui est le fondement efficient de toute éducation serait rompu si le nourrisson et la mère ont une différence d'âge par trop importante, et c'est l'enfant qui se trouverait déséquilibré dans son développement, donc dans son être. La douleur ne doit pas interdire la raison. Il est certes très aisé d'en parler ainsi lorsque l'on ne se trouve pas soi-même face à la situation. Mais justement, la raison impose l'objectivité. La bioéthique est donc une voie nouvelle ouverte au législateur qu'il lui rappelle que la nature dispose de quelques principes ontologiques dont la science ne saurait s'affranchir.