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jefka
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Les mots, mis bout à bout pour s'enquérir des choses de la vie et rester éveillé.
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Derniers commentaireson ne comprend pas se que represente cette image moi je voudrais mais je ne comprend rien de rien http://oran
Par popo, le 23.05.2013
dans cette analyse sommaire et dans le comportement de l'être humain à travers son espace socioculturel, je me
Par PITTA, le 08.05.2013
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Par GHISLAIN, le 05.05.2013
belle analyse mais pas très développer à mon gout.
Par Anonyme, le 11.04.2013
je suis un inconditionnel de monsieur ferré, étonnant je m'entraîne en la chantant et compte la mettre sur you
Par vigoureux, le 06.04.2013
C’est un grand homme qui nous a quittés voilà quelques jours. Claude Lévi-Strauss fût et restera un héros et cet héroïsme n’a d’égal que la profonde humilité dont constamment il fît preuve devant l’immensité de son œuvre. Il est entré au cours de sa vie au panthéon de ces illustres éclaireurs qui découvrent et délivrent une vérité jusqu’alors insoupçonnée et pourtant une fois révélée si évidemment accueillie par l’espèce humaine. Il succéda ainsi à Copernic, qui remit le monde à sa place dans cet univers infini malgré les pressions inquisitoires, à Darwin qui remit l’homme à sa place dans l’échelle de la nature contre les avis créationnistes, à Freud qui remit le libre-arbitre à sa place vis-à-vis de cet inconscient qui gouverne pour partie les comportements humains. Claude Lévi-Strauss, philosophe et ethnologue, démontra scientifiquement grâce à l’observation de peuplades encore inconnues, que toutes les civilisations, au-delà des origines, de l’histoire et de la localisation géographique, ont toutes en commun des invariants qui constituent autant de caractéristiques universelles. Avec cet apport, Claude Lévi-Strauss contribua à l’idée de l’égalité entre les hommes. Sa démarche fût d’autant plus héroïque qu’elle se situa au XXème siècle, la période qui fût la plus génocidaire de tous les temps. Claude Lévi-Strauss à lui seul représenta la résistance face à la tourmente et ce que l’homme, par le simple usage de la raison, peut apporter de plus bénéfique à l’humanité.
Le fils prodigue ne sera pas le prince de la Défense. Tout au plus administrera-t-il, comme ses collègues des Hauts-de-Seine, l’Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense (EPAD). Autant dire que le louveteau reste dans la bergerie. Sa présidence de l’établissement est peut-être d’ores et déjà remise à plus tard car le trône en vaut la chandelle. Présider l’EPAD, c’est en effet promouvoir des centaines de milliers d’hectares de terrains auprès d’entreprises de grande taille. Représenter l’EPAD, c’est également la possibilité de tisser des liens particuliers avec les milieux d’affaires qui, même si le financement de la vie politique leur est aujourd’hui interdit, n’en sont pas moins influents sur l’échiquier du pouvoir. Papa Sarkozy le sait très bien, les Hauts-de-Seine sont un bastion important pour mener une carrière politique, il en fait l’expérience et cela lui a plutôt bien réussi. Pourquoi donc priver son rejeton des atouts que peut offrir une fonction présidentielle qui s’estimait seule aux commandes, sans contre-pouvoir. Sauf que la France n’apprécie guère les potentats, la presse encore moins. L’affaire Jean Sarkozy a eu pour le moins le mérite de nous rassurer sur la santé du monde journalistique. La sur-médiatisation du chef de l’Etat laissait en effet à penser que la carte de presse n’était plus qu’un simple morceau de papier, conservé par certains plus par fétichisme que par souci de la vérité. Heureusement il n’en est rien ou presque et c’est tant mieux pour la démocratie. Le Président et ses généraux ont d’ailleurs certainement étaient surpris de la réaction en chaîne des médias provoquée par la promotion programmée du jeune Jean. Désarçonnés, l’exécutif et son appareil politique, après avoir vainement tenté de nous convaincre qu’un étudiant en droit de vingt-trois ans présentait toutes les qualités requises pour gérer le premier centre d’affaires d’Europe, se sont réfugiés derrière une prétendue victimisation dont ils sont l’objet, avec des journalistes comploteurs comme bourreaux. En substance, la position du Président, prêchée par ses plus proches collaborateurs, est aussi la suivante : la France ne va pas mal, ce sont ses journalistes qui l’accablent. Présentés ainsi, les médias seraient donc à l’origine des faits qu’ils commentent. La manœuvre n’est pas nouvelle, s’agissant d’un procédé de déresponsabilisation politique qui a déjà été éprouvé par le passé. C’est aussi et surtout une atteinte à l’intégrité du journalisme qui entache la liberté de la presse. Plus grave encore, cette attitude est symptomatique d’un pouvoir qui vacille et compromet sérieusement la réussite d’un pays.
La lutte contre l'absentéisme scolaire est une initiative plus que louable, elle est impérative. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il faille mettre en oeuvre tout et n'importe quoi pour sensibiliser les élèves au respect de leur présence à l'école. Le Haut-Commissariat à la jeunesse s'est pourtant lancé dans une action hasardeuse en expérimentant dans quelques établissements la mise en place d'une cagnotte collective destinée à récompenser l'assiduité des lycéens. Martin Hirsch peut bien clamer qu'il ne s'agit pas de rémunérer les jeunes scolarisés parce que la récompense ne sera pas pécuniaire, il s'agit bien d'une forme de rétribution des élèves en contrepartie de leur temps de présence aux cours. La marchandisation de l'école, qui s'est fortement développée ces deux dernières décennies pour les filières post-baccalauréat, franchit un nouveau cap en intéressant les jeunes pour l'obtention d'un avantage autre qu'éducatif. Mais l'instauration d'un système de bonification matérielle dans l'école est pernicieuse à double titre. Premièrement, la démarche est inégalitaire car elle ne tient pas compte des difficultés que chacun peut rencontrer en traitant l'absentéisme comme un caprice de jeunesse et en laissant à penser que la perspective d'un accessit soit suffisante pour l'abolir. Ensuite, l'attention des élèves risque de se détourner vers des considérations d'ordre mercantile, l'appât du gain pouvant contrarié les efforts désintéressés inhérents à l'acquisition d'un savoir. L'école doit donc rester un espace où seule la connaissance est la monnaie d'échange. Ceci n'empêche pas de suivre chaque élève, de comprendre et de se saisir les préoccupations qui sont les siennes lorsqu'il fuit l'enceinte scolaire. Pour cela, les enseignants doivent être entourés, assistés car ils ne sont pas éducateurs. Une école respectueuse et soucieuse du bien-être de chacun exige des moyens. La décision du gouvernement Fillon de supprimer des milliers de postes dans l'éducation nationale ne s'inscrit malheureusement pas dans cette optique.
Il existe dans l’histoire de la philosophie une période présocratique qui correspond aux pensées produites avant que Socrate ne tienne son rôle de philosophe, ce qui illustre l’importance du personnage. Les idées développées par les présocratiques étaient surtout d’ordre physique, exprimées sous une forme poétique ou empruntant le mythe. Par contre, selon Cicéron, « Socrate a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre ».
Socrate se distingue également comme un penseur n’ayant fourni aucun écrit, la pensée socratique ayant été retranscrite par d’autres auteurs. Ainsi, il est parfois difficile de distinguer ce qui est purement socratique de ce qui est une interprétation, voire un développement personnel émis par celui qui met en scène Socrate. L’auteur est plus qu’un rapporteur. Aristophane par exemple, poète comique d’Athènes, ne fût jamais très élogieux vis-à-vis de Socrate. Il le railla aisément et lui prêta des allégations qui contribuèrent à la chute du philosophe. A l’inverse Platon, décrivant Socrate dans différents dialogues, participa à la diffusion des thèses de son maître. Au-delà de toute adaptation calculée ou erronée imputable au truchement, ce qui est remarquable chez Socrate concerne la méthode qu’il emploie.
Le philosophe use en effet volontiers de l’ironie et de la dialectique, ce qui consiste à feindre l’ignorance auprès de ses interlocuteurs pour les questionner et les pousser jusque dans leurs derniers retranchements. Socrate se positionne bien plus comme une personne qui cherche les bonnes questions au lieu d’émettre des opinions. Il ne fournit aucune solution toute faite à ses allocutaires mais les invite à trouver eux-mêmes les réponses. Il emploie la maïeutique, dont l’étymologie grecque renvoie à la notion d’accouchement. La méthode consiste ainsi à produire une idée qui soit la résultante d’un débat où l’opinion s’efface devant un constat suite à un examen critique. Sur cette base, Platon élabore la théorie de la réminiscence en prenant pour exemple l’esclave de Ménon, qui malgré sa condition parvient à résoudre un problème de mathématiques. Selon Platon, il s’agit là de la réminiscence d’un savoir oublié car l’aliénation altère profondément les capacités intelligibles. Cette théorie n’en reste pas moins un mythe, Platon y recourant dès lors que la raison n’est pas en mesure d’interpréter un mystère resté impénétrable. Le mythe n’est évidemment pas un savoir mais là n’est pas le plus intéressant. Ce qui importe est de comprendre pourquoi il a fallu recourir à cette approche. Platon explique que la raison ne peut franchir tous les obstacles car l’âme a oublié ce qu’elle contempla dans le monde des Idées avant que d’être emprisonnée dans un corps. Ainsi, selon cette hypothèse et à l’inverse des sophistes qui le précèdent, Socrate estime que la savoir ne pas être transmis de l’extérieur. La vérité est en soi.
L’addition est tombée. Le déficit de l’Etat au titre de l’année 2009 s’élèvera à 140 milliards d’euros, ce qui représente la moitié des dépenses du pays sur une année. Il s’agit là d’une situation inédite car jamais les finances publiques n’avaient atteint des profondeurs si abyssales. La faute à qui : la crise bien évidemment ! Nicolas Sarkozy, assisté de François Fillon son plus proche collaborateur, s’empresse régulièrement de rappeler que la situation est exceptionnelle dès lors que les chiffres de l’économie contredisent ses volontés politiques, ou pour justifier des mesures gouvernementales qui n’en restent pas moins dogmatiques. Le volontarisme du président Sarkozy pour s’afficher comme le héraut de la réglementation destinée à contraindre le capitalisme mondial n’est qu’une image, pire une illusion entretenue à l’échelle internationale. La France est en effet profondément ancrée à droite comme le confirme les réformes engagées depuis le début du régime « sarkozyste ». Le bouclier fiscal par exemple n’est absolument pas remis en cause, ne serait-ce que temporairement durant cette période de disette fiscale. Cette mesure décidée avant la crise financière coûte plusieurs milliards d’euros au bénéfice des contribuables les plus nantis. La majorité actuelle se présente volontiers comme le pourfendeur des niches fiscales, certains parlementaires basculant même dans l’indécence en proposant une taxation des indemnités perçues en cas d’accident de travail, alors qu’elle a voté pour un dispositif d’exemption fiscale. Ce bouclier permettrait même aux plus fortunés d’échapper aux impôts futurs qui seraient décidés pour résorber le déficit de l’Etat. C’est le serpent qui se mord la queue, mais le venin ne tue pas la bête, bien au contraire. La solidarité nationale mise en exergue par l’Elysée semble bien ne pas être l’affaire de tous. La hausse du forfait hospitalier et la taxe carbone pour ne citer qu’elles sont autant de poids supplémentaires qui touchent les classes moyennes et accablent les foyers les plus modestes. Mais la droite française reste campée sur ses positions en privilégiant l’investissement, avec au passage la fin programmée de la taxe professionnelle sans aucune visibilité quant aux modalités de compensation de cette baisse de rentrée fiscale. Les collectivités locales ont du souci à se faire, elles qui sont déjà égratignées par l’opinion au sujet de la hausse des impôts locaux pourtant nécessaire pour couvrir une décentralisation voulue par l’Etat mais qu’il ne finance pas. L’entreprise est certes en difficulté, la faute aux vilains banquiers dit-on, et il convient de la soutenir. Mais encore faut-il, d’une part que ses clients aient les moyens de consommer ses produits ou services, d’autre part qu’elle satisfasse à une certaine éthique. La baisse de la TVA dans la restauration démontre bien que les bonnes intentions s’estompent parfois bien vite une fois le gâteau obtenu. Mais de cela on parle très peu, la communication présidentielle préférant se concentrer sur le bonus des traders, dont l’immoralité de certaines pratiques est incontestable, mais qui ne représente qu’un épiphénomène dans le système financier mondial. Ne fallait-il pas plutôt s’attaquer à un secteur qui ne connaît plus la crise, qui paradoxalement est celui des marchés financiers. En effet, le CAC40, indice phare et représentatif de la santé de la Bourse, a retrouvé ses plus belles couleurs et la défiance généralisée des acteurs financiers n’est plus qu’un vague souvenir. Une taxation des mouvements boursiers serait équitable, en rééquilibrant l’imposition entre les salaires et le capital, et constituerait une mesure symbolique forte en direction des ménages. On ne gère certes pas un pays avec des symboles mais une réforme emblématique vectrice de justice fiscale emporte l’adhésion du plus grand nombre et rétablit ainsi la confiance. Mais la droite sur ce terrain s’enferme dans le dogme. Il ne faut pas taxer les marchés boursiers car dit-on, ils contribuent au financement de l’économie. Très bien, mais alors que la Bourse poursuit sereinement une nouvelle ascension, pourquoi donc les entreprises françaises, et plus particulièrement les PME, ont elles autant de mal à disposer aujourd’hui de liquidités. La crise démontre qu’il s’agit là d’un argument fallacieux. L’argent ne s’évapore pas, il change seulement de main. A charge pour l’Etat d’établir une répartition juste pour éviter que certaines poches soient trop pleines au détriment d’autres. Une taxe sur les flux financiers, qui représentent chaque jour des sommes considérables, participerait à cette équité. Au lieu de cela, le président Sarkozy manque d’audace, jusqu’à se confondre dans le lancement d’un emprunt national appelant les français à la solidarité nationale, comme si ceux-ci ne payaient pas déjà suffisamment. Cette levée de fonds serait destinée à financer notamment des investissements nationaux à grande échelle pour relancer la machine économique, et non à combler les trous du budget national. Il est permis d’en douter car Nicolas Sarkozy nous a déjà habitués à plus d’une volte-face. Cette manne financière arrivera surtout à point nommé pour couvrir d’éventuels déséquilibres budgétaires jusque 2012, histoire pour notre Président de ne pas perdre la face et de tenir jusqu’à la prochaine campagne présidentielle.
Il n'existe pas plusieurs mondes mais différentes façons de l'observer, de l'interpréter. Le monde est un spectacle qui n'est point une fiction, parce que nous y jouons un rôle. Nous sommes sans effort acteurs de notre vie. La mise en scène par contre est plus diffiçile à conquérir. Il lui faut des repères, des explications pour comprendre et ainsi définir une direction. La philosophie en cela est une assistante de premier choix pour le metteur en scène. Elle fournit des objectifs de vue qui empruntent à l'âme. Elle dispose d'idées et non d'images, mais rien ne lui empêche d'adopter à son gré la métaphore pour le cadrage. La caverne de Platon est une illustration de la démarche allégorique. La caverne en effet est symbolique à plusieurs titres. Elle représente l'obscurité, soit l'ignorance. Il s'agit d'une endroit clos, généralement exigu, tel le cachot qui emprisonne et se fait complice de la servilité et de l'aliénation. La caverne est également souterraine, comme le monde des morts, celui d'Hadès craint par les grecs. La caverne est un tombeau et selon Platon, l'âme en est l'occupante. Le philosophe considère que la vie terrestre emprisonne l'âme humaine dans un corps, lequel lui empêche d'accèder à la vérité. L'homme serait donc un entre-deux, car il n'est ni un animal, ni un dieu, mais un individu qui s'affronte, entre la sensibilité qui égare et l'intellect exigeant. Il est donc aisé pour l'homme de se perdre, de vivre un mauvais rôle si l'esprit n'est appelé qu'à être figurant.
La légitimité du suffrage universel repose notamment sur l’assurance que les électeurs puissent exercer entièrement et sans entrave leur jugement personnel quant au choix qui leur incombe. Cette garantie n’est pas que matérielle, comme la sécurisation et la confidentialité du scrutin. Son champ d’application concerne également la fixation de règles électorales préservant la capacité de tout citoyen à se prononcer dans les urnes ou s’abstenir. L’âge minimal requis pour participer au vote relève de ces règles. Fixé à dix-huit ans, le principal syndicat lycéen relance le débat pour un passage à seize ans. Il est toujours délicat de déterminer une limite attachée à la personne pour tout exercice d’un droit dont les effets concernent la collectivité. La majorité intellectuelle, celle qui permet à l’individu de décider après réflexion ses propres arbitrages, ne s’acquiert pas universellement à un instant précis de l’existence. Certains disposent d’une conscience politique plus avancée que d’autres au même âge, voire vis-à-vis de leurs ainés. Seulement la démocratie a besoin pour exister de modes de fonctionnement qui s’appliquent à tous, sans distinction, sans exception, dans les mêmes proportions et aux mêmes conditions. Le principe du cas général est donc le plus adéquat pour légiférer sur des seuils, l’objectif étant que la minorité ne se retrouvant forcément pas dans le dispositif décidé soit la plus infime possible. Seize ans est certes un âge avancé dans l’adolescence, laquelle débute de plus en plus tôt aujourd’hui comparativement aux décennies qui nous précèdent, sans pour autant que l’entrée à l’âge adulte soit plus rapide de nos jours. Il n’empêche que les adolescents de seize ans sont généralement plus sensibles qu’à dix-huit ans aux effets de masse, aux influences de leur environnement, qu’il s’agisse de la cellule familiale ou du cercle d’amis. Les jeunes gens sont aussi moins bien armés face à la manipulation ou au prosélytisme à caractère politique. Ainsi, la proposition de diminuer l’âge relatif au droit de vote ne constituerait aucunement une avancée démocratique.
La caverne est une allégorie employée par Platon pour illustrer son propos concernant la prédominance du monde sensible sur l’intelligible. La caverne est le lieu où se trouve une communauté pour qui la réalité correspond à des ombres projetées sur les parois, issues d’un environnement extérieur dont les occupants ne soupçonnent pas l’existence. Selon Platon, la connaissance que nous nous faisons du monde est biaisée, et tout comme les habitants de la caverne, nous nous confondons dans l’illusion. De cette duperie, le philosophe en détaille les causes :
- l’enfance : les occupants de la caverne s’y trouvent depuis leur naissance. Ce qui signifie que nos comportements sont en partie conditionnés par l’éducation que nous avons reçue. Notre mode d’interprétation du monde se base sur ce qui nous a été transmis par nos parents. Même si l’on tente de dépasser l’enfant qui sommeille en nous, la démarche n’est cependant pas aisée, comme le remarque Descartes dans le Discours de la méthode : « …il est impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu’ils auraient été si nous avions eu l’usage entier de notre raison dès le point de notre naissance…» ;
- le conditionnement socioculturel : l’homme évolue dans un environnement empreint d’une culture particulière qui se définit comme un ensemble de manières de penser, d’agir et de sentir propres à une collectivité donnée à laquelle il appartient. Cette culture influe ainsi sur nos perceptions et nos jugements. L’homme a tout intérêt à prendre conscience des faits culturels et de leur nature pour préserver son individualité et ainsi éviter d’être écrasé par les conventions ;
- l’habitude : l’homme réalise continuellement des actes par habitude, sans s’interroger sur la pertinence ou l’adéquation des faits accomplis selon sa situation. L’accoutumance stérilise la réflexion. Selon Charles Péguy, « une âme habituée est une âme morte. » ;
- le piège des impressions sensibles : notre rapport au réel est médiatisé par nos sens, sachant que la sensibilité est toute personnelle, sans caractère d’objectivité que requiert toute vérité ;
- la corruption de la raison par l’imagination : la pensée se nourrit d’images dont le metteur en scène est l’imagination. Comme la sensibilité, l’imagination ne dépasse pas le sujet. Elle dispose également d’une force qui s’exerce supérieurement à la raison dans certaines situations. Le philosophe solidement attaché sur une planche au bord d’un précipice ne sera pas exempt d’une sensation de vertige en imaginant la chute. Les circonstances non ordinaires appellent moins la raison que l’imagination, laquelle offre des visions plus séduisantes comparées à la froideur d’un raisonnement. Pascal l’accuse même d’être « une maîtresse d’erreurs et de fausseté» ;
- la paresse et la lâcheté : contourner l’ensemble des facteurs qui constituent la subjectivité, soit le poids de l’éducation, l’empire des sens, les chimères conduites par l’imagination, nécessite des efforts, une prise de courage pour renverser des conditions naturelles. Les Lumières, que citent Kant, illustrent cette poussée pour sortir de l’ombre : « Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières.» ;
- l’emprise du corps : l’homme, comme tout être animé, a des besoins biologiques dont le corps exige qu’ils soient satisfaits. Le danger réside sur l’essentialité que l’on concède volontiers à ces impératifs au détriment du temps et de la concentration nécessaires à la recherche de la vérité. Le corps peut alors devenir despotique en emprisonnant l’être dans sa totalité, gouvernant l’esprit pour ses propres fins. Pour Platon, le corps est d’ailleurs le tombeau de l’âme : « Parce que chaque plaisir et chaque peine a pour ainsi dire un clou avec lequel il l’attache (l’âme) et la rive au corps, la rend semblable à lui et lui fait croire que ce que dit le corps est vrai. » [Platon/Phédon].
L’allégorie de la caverne nous apprend que la réalité n’est pas éclairée par la lumière naturelle, celle du soleil, mais par une lumière artificielle, conventionnelle. Celle-ci est alimentée par des biais que sont l’éducation, le milieu socioculturel, les passions et les désirs orchestrés pour partie par l’imagination. La clarté exige l’usage de la raison, dans un acte de courage, pour que l’âme puisse se libérer des chaînes du corps et ainsi permettre au sujet de gagner en humanité. L’effort consiste à s’affronter soi-même, mais aussi à ne pas se laisser séduire par certains qui entretiennent l’illusion, les « montreurs de marionnettes » comme les qualifie Platon, pour en tirer un bénéfice personnel. A défaut, la connaissance ne sera qu’opinion.
Le Ministre du Budget, Eric Woerth, ne nous avait guère habitués à véhiculer une image de joueur. En effet son procédé, consistant à affirmer détenir une liste de trois mille personnes ayant échappé indûment à l’impôt sans engager de suite des procédures de redressement, en leur laissant la possibilité de régulariser leur situation fiscale, s’assimile fort bien à une partie de poker menteur. L’objectif du Ministre, en ne dévoilant pas ses cartes, est probablement de pousser les adversaires à abattre leur jeu, en espérant que les participants soit plus nombreux que ceux recensés sur la liste évoquée. Le seront-ils vraiment ? Les contribuables fortunés qui se reconnaîtront dans cette partie cèderont-ils à la menace ? Rien n’est moins sûr, le jeu par définition conservant une part d’imprévu. La règle par contre a été annoncée. Tous ceux qui se coucheront sur le tapis avant le 31 décembre auront la possibilité de négocier les pénalités. Ce qui suppose des règles différentes entre le Fisc et les contribuables selon qu’ils s’agissent des plus fortunés, étourdis oubliant des sommes laissées sur des comptes en Suisse, ou des redevables dits moyens. Point de négociation en effet pour ces derniers lorsque la déclaration n’est pas conforme aux revenus. M. Woerth veut bien jouer mais n’exagérons rien, pas avec n’importe qui.