Un petit coin d'actu
Publié le 15/12/2008 à 12:00 par jefka

La présidence française de l’Union Européenne arrive à échéance dans quelques jours. En pareille occasion, le moment est venu de dresser un premier bilan. Il est mitigé, bien que notre Président s’affiche plus que satisfait de sa prestation. A son crédit, l’Europe politique s’est remise en ordre de bataille face à l’hégémonie américaine, qui n’est peut-être plus aujourd’hui qu’une abstraction passéiste. La crise d’un système capitaliste outrancier enjoint dorénavant l’Oncle Sam à plus d’humilités. Nicolas Sarkozy a eu le mérite de profiter de cet état de fait pour mener dans un style qu’il lui appartient les discussions nécessaires destinées à rassembler la communauté internationale derrière un plan de sauvegarde de l’économie mondiale. Mais le prix de ce tropisme diplomatique s’avère élevé et il s’agit bien là d’un déficit de son inventaire présidentiel. Le moteur franco-allemand est grippé à ce jour, Angela Merkel ayant mal supporté les injonctions, voire les moqueries de son voisin français. La chancelière allemande a certes mal considéré au départ l’étendue de la crise en estimant que son pays, et par voie de conséquence le Vieux Continent, seraient faiblement impactés par la tornade financière en provenance des Etats-Unis. Puis face aux résultats alarmants des établissements bancaires, elle s’est ralliée à l’interventionnisme d’Etat. Sauf qu’elle ne disposait pas des moyens dont jouit Nicolas Sarkozy pour agir rapidement, à savoir l’exercice d’un régime présidentiel sur le plan national. Le centralisme français porte à sa tête un homme qui dirige seul dès lors qu’il dispose d’une majorité parlementaire, d’un appareil politique verrouillé par ses soins et d’un gouvernement qui acquiesce. Le fédéralisme allemand repose quant à lui sur le consensus qui induit un temps de décision et donc d’action plus long. C’est une erreur politique que celle commise par Nicolas Sarkozy en engageant l’Union Européenne dans une voix sans tenir compte des différences institutionnelles de ces deux principaux membres.
Le tout juste désigné Secrétaire d’Etat français aux affaires européennes aura fort à faire pour que Paris et Berlin s’inscrivent de nouveau ensembles dans une démarche consensuelle en matière de politique européenne. L’enjeu est de taille car lorsque la France et l’Allemagne s’exaspèrent mutuellement, c’est toute l’Europe qui en pâtit.
Publié le 06/12/2008 à 12:00 par jefka

Il est des combats qui exige une veille permanente lorsqu'ils concernent une cause fondamentale à défendre. Les libertés individuelles appartiennent à ces luttes car même si leurs principes sont inscrits sur des tables de Loi, les actes parfois sont soudainement atteints d'amnésie. L'actualité en France de ces dernière semaines le démontrent.
D'un côté, une ministre du logement propose de contraindre les sans-logis à se mettre à l'abri dès lors que le thermomètre se plaît sous le zéro degré. Peu importe l'endroit, les conditions d'insalubrité et d'insécurité, mais surtout qu'ils ne restent pas dehors parce que peut-être s'abandonneraient-ils aux griffes du froid. Il n'est plus question ici que tout être humain puisse disposer de son corps comme il l'entend si ce n'est pas au détriment d'autrui. Mais peut-être que dans le cas présent, autrui s'est senti désservi par cette mort inplacable au coin d'une rue et qui n'est que la démonstration de ses échecs.
De l'autre côté, un journaliste du quotidien Libération expérimente le port de bracelets dont il ne détient pas la clef, contre sa volonté. Est-il soupçonné des plus grands méfaits? Appartient-il à l'Ultra-gauche qui en veut aux lignes de chemin de fer et à la Terre entière ? Ou s'agit-il simplement de méthodes policières coutumières du fait, quelque soit la portée des agissements reprochés. Le baton et la force ne sont plus les gardiens des libertés lorqu'ils sont employés intempestivement, sans contrôle.
Au centre, un débat, le droit de mourir dignement. Une commission, composée d'individus que la bienséance nomme experts, a rendu ses conclusions. L'euthanasie active n'est pas acceptable. Ce serait une entorse à la vie. Même si cette vie est insupportable lorsqu'elle est définitivement prisonnière d'un corps en souffrance. Même si l'esprit, dans sa plus haute intelligence et sérennité, n'aspire qu'à une seule chose, le repos. Même si la valeur intrinsèque de la liberté individuelle, c'est de pouvoir décider jusqu'à quel moment je puis en disposer.
Publié le 08/11/2008 à 12:00 par jefka

Ce sera Obama. Le peuple américain a choisi à une très forte majorité son 44ème Président. Les sondages promettaient une victoire aisée du candidat démocrate mais pas le raz de marée qui a inondé de joie tous les partisans du sénateur de l'Illinois. Il ne faisait plus aucun doute que les électeurs sanctionneraient l’administration Bush, et par voie de conséquence le parti républicain, compte tenu du bilan désastreux de son dernier représentant à Washington. Une crise financière et une guerre en Irak plus tard, Georges W. Bush restera dans l’histoire américaine comme celui qui a précipité le monde dans un siècle nouveau aux contours qui ne satisfont personne : un bellicisme nourrissant le terrorisme, une économie aveugle souillant la planète. Il fallait donc un changement significatif de la politique américaine, souhaité par une bonne partie de la communauté internationale et tant désiré par tout un peuple. La question restait de savoir si ce dernier était prêt à désigner comme le premier de ses représentants un homme de couleur. En effet, personne avant le scrutin n’osait l’affirmer. Les Etats-Unis sont un pays complexe, qui parfois déroute, nous Européens, jusqu’à ce que certains à l’extrême verse dans un anti-américanisme primaire.
Il est vrai que le leadership américain a des traits de caractère qui agacent les autres continents, comme le messianisme dont il s’arroge le droit, en prétextant véhiculer un modèle, le sien, empli de vertus. La référence continuelle à Dieu comme précepte d’une société juste est également incomprise pour de nombreux citoyens du monde, comme en France par exemple. Mais à leur décharge, les Etats-Unis n’ont pas connu le siècle des Lumières.
Les hommes du Président Bush exacerbèrent ces défauts à travers leurs conseils donnés au locataire de la Maison-Blanche. La civilisation américaine, comme tout autre, a des tares dont elle ne supportait plus les effets. L’Amérique s’est donc décidée à changer, jusqu’à s’opposer à l’un de ses vieux démons, le racisme. En cela, les Etats-Unis sont admirables car dès lors que l’Oncle Sam est acculé, poussé dans ses derniers retranchements, ils ont cette capacité à s’élever en un font uni pour dépasser les conservatismes et les clivages.
Quarante ans séparent le combat de Martin Luther King et l’élection de Barack Obama. Ainsi, deux générations ont été suffisantes pour faire admettre à une société que sa destinée pouvait très bien être entre les mains d’un homme dont la couleur fût pendant des siècles si douloureusement associée à l’esclavage. Peu d’Etats peuvent aujourd’hui se targuer d’avoir réussi une transformation aussi rapide.
Publié le 24/10/2008 à 12:00 par jefka

L’annonce faite par Nicolas Sarkozy concernant son plan de relance de l’économie française n’est pas faite pour rassurer les générations futures. D’un autre côté, celles-ci n’ont guère les moyens de s’en plaindre aujourd’hui. En effet, notre Président propose la création d’un fonds destiné à soutenir les entreprises en difficulté. Cette mesure nécessiterait un financement d’une centaine de milliards d’euros. Nous ne sommes plus me direz-vous à quelques sommes astronomiques près, tant la crise a pris des dimensions stratosphériques ces derniers temps. Ce qui est surprenant, c’est que d’un côté les marchés financiers s’effondrent, réduisant comme peau de chagrin les capitalisations boursières, et de l’autre l’Etat français soutient dans des proportions gigantesques un capitalisme à bout de souffle. Comment est-ce possible ? Nicolas Sarkozy serait-il devenu prestidigitateur après s’être essayé à l’illusionnisme en début de mandat ? Non, rien de tout cela, aucun tour de magie mais simplement le recours à l’endettement public. Il s’agit même, selon l’expression résumée du gouvernement, d’un investissement sur l’avenir. L’Etat français empruntera pour ensuite souscrire au capital des entreprises en difficulté, disposant ainsi d’actions ou de parts constituant des actifs censés compenser la dette souscrite par les pouvoirs publics. En conséquence, l’Etat français entrera également dans les conseils d’administration de ces sociétés sous perfusion. Autant dire que nous ne serons plus très loin d’une économie administrée. Ce système sera-t-il suffisamment performant pour redresser des activités en souffrance et permettre aux contribuables, car il s’agit bien de l’argent public, de percevoir des dividendes en compensation des lourdes charges financières liées à un endettement croissant ? L’expérience du passé n’est pas faite pour nous rassurer, l’Etat ne s’étant jamais montré très bon gestionnaire. Espérons que le plan de relance soit effectivement un investissement porteur sur l’avenir et non uniquement un pari perdu dont les effets pèseront sur nos enfants.
Publié le 04/10/2008 à 12:00 par jefka

C'est en situation de crise que l'unité d'une organisation s'y trouvant confrontée se jauge et s'apprécie, entre la force d'un groupe et la fragilité d'une association. En ce qui concerne l'Europe politique, les réactions face aux mesures envisagées pour sauvegarder l'équilibre du système financier démontre que l'Union Européenne n'est pas encore mûre pour s'élever d'une seule voix.
D'un côté, la France se dit prête à garantir la pérennité des banques en employant notamment la nationalisation. De l'autre côté, les allemands refusent toute mesure interventionniste de l'appareil politique pour renflouer les caisses d'établissements irresponsables. Berlin n'envisage pas de leur signer un chèque en blanc. Au centre, les anglais voient d'un très mauvail oeil que la City, qui n'est autre que la plus grande place financière du Vieux Continent, soit soumise à des contraintes régulatrices. Le marché a peut-être péché mais de là le priver de sa liberté, il y a une frontière que les Britannniques ne sont pas prêts de franchir.
Pendant ce temps, l'Etat irlandais, préférant le pragmatisme au dogmatisme, n'hésite pas à garantir la totalité des engagements de ses banques même si la facture totale, en cas d'effondrement complet de son système financier, serait deux fois supérieure à ses moyens.
Tout cela ressemble fort bien à une cacophonie qui ne présage rien de bon pour l'avenir. Nicolas Sarkozy parviendrait-il à convaincre les uns et les autres d'adopter ensembles une démarche commune ? Espérons-le mais on peut en douter, car il lui est déjà bien diffiçile d'accorder les violons au sein de son gouvernement. Pour preuve, sur un sujet aussi sensible que le déficit budgétaire, les deux personnages les plus proches du chef de l'Etat, soient le premier ministre et le conseiller spécial du Président, annonce chacun dans la même journée une vision radicalement différente. En matière de cohésion gouvernementale, les français méritent mieux. A moins que cela ne soit purement et simplement le reflet d'une insconstance au plus haut sommet de l'Etat.
Publié le 01/10/2008 à 12:00 par jefka

Après avoir considéré que nous avions le meilleur dispositif de protection de santé du monde, que notre système éducatif était loin d’être le plus mauvais au sein des principaux pays industrialisés, voici maintenant l’appareil bancaire français qui est vanté par tous nos chers responsables politiques pour sa dynamique vertueuse en matière de contrôles. Les épargnants français peuvent donc être rassurés, la faillite ne passera pas dans nos établissements franco-français, bien qu’entre-temps l’Etat ait du recapitaliser Dexia, il est vrai société franco-belge. Les puissants argentiers affirmaient pourtant que les frontières européennes seraient tout du moins hermétiques aux effets directs des crédits subprime.
La France serait-elle donc devenue un eldorado pour un capitalisme qui a besoin de reprendre son souffle ? Un havre de paix où sans risque les précieuses mannes financières disséminées à travers la planète trouveraient refuge chez nous ? Bien-sûr que non, tout cela est complément irréaliste et les banques françaises, comme toutes les autres, subissent les contrecoups d’un marché interbancaire aux abois, où les coûts de refinancement ont explosé, ce qui restreint d’autant leurs marges de manœuvre pour redynamiser le crédit.
Une chose est certaine, celui qui titre le plus grand profit de la situation est à n’en pas douter notre Président. La crise financière est une aubaine, car elle est mondiale. Le gouvernement d’ailleurs ne s’y est pas trompé, en affirmant jusqu’à l’envie que les mauvais résultats de l’économie française, dont la progression du chômage au mois d’août, est bien évidemment le fait de la mondialisation. Le cynisme est même poussé jusqu’à son comble lorsque nos décideurs certifient que sans les mesures prises par l’équipe de Nicolas Sarkozy depuis le début de son mandat, la situation serait bien plus préoccupante. Ce qui bien évidemment est parfaitement indémontrable. Il ne s’agit là que de politique politicienne, et sous couvert des inquiétudes liées à l’ébranlement de la finance internationale, le pouvoir en place a beau jeu d’en appeler aujourd’hui à l’unité nationale.
Publié le 27/09/2008 à 12:00 par jefka

Nicolas Sarkozy nous a fait cette semaine, lors de son discours prononcé à Toulon, l'éloge de l'interventionnisme d'Etat. Après s'être livré à un réquisitoire contre le marché et ses dérives en l'absence de toute régulation, il s'est promis qu'aucun citoyen ne perdrait un euro de dépôt en cas de faillite d'une banque française. Ce qui en soi ne constitue pas une mesure d'une grande nouveauté car les pouvoirs publics garantissent déjà l'épargne de la clientèle en cas de sinisitre, pour un montant maximal de soixante-dix mille euros par compte. Autant dire qu'il s'agit là d'un effet d'annonce qui ne concerne guère que les hauts-revenus, au cas où ils auraient l'idée saugrenue de placer leur argent ailleurs que dans un établissement national.
Le président est donc devenu le chantre de la social-démocratie, condamnant le libéralisme dont il était un adepte il n'y pas si longtemps de cela.
Le président est devenu très critique à l'encontre du sytème américain vis à vis duquel il exprimait une certaine symphatie, voire admiration il n'y a pas si longtemps de cela.
Le président insiste sur la necessité de mener une politique volontariste, alors qu'il en écartait toute perspective compte tenu de l'assèchement des caisses de l'Etat il n'y pas si longtemps de cela.
Le président, encore lui, concède que l'économie française est tributaire des autres et qu'en conséquence les prévisions d'activité seront mauvaises, alors qu'il exhortait ses troupes à aller chercher la croissance avec les dents il n'y a pas si longtemps de cela.
Tant d'affirmations et de promesses d'un jour contredites le lendemain nous donnent le tournis. D'un point de vue pathologique, cela ressemble fort à de la schizophrénie. Sous un angle politique, il semblerait bien qu'il s'agisse d'un aveu d'impuissance compensé par quelques relents populistes.
Publié le 26/09/2008 à 12:00 par jefka

Quels sont les deux points communs entre un propriétaire américain qui ne l’est plus aujourd’hui et un haut dirigeant de la finance mondiale ? En premier lieu, ils sont tous deux acteurs de cette crise financière sans précédent depuis le krach de 1929 et qui sévit actuellement outre-Atlantique. Bien évidement leur responsabilité n’est pas la même. L’américain est devenu propriétaire alors qu’il n’en avait pas les moyens, mais les banquiers l’ont persuadé du contraire. Quoi de plus normal dans ce cas que d’accepter ce que l’on vous propose, surtout lorsqu’il s’agit de l’acquisition d’une résidence principale. Par contre, les établissements de crédit avaient certainement conscience des risques qu’ils prenaient, compte tenu de leur ingéniosité pour développer des produits complexes destinés à se débarrasser de ces risques, tout en encaissant au passage de précieuses commissions. Ce qui leur permit d’ailleurs d’engranger de copieux bénéfices dont profitèrent aisément les actionnaires du monde entier, notamment les fonds de pension finançant les retraites californiennes. La mondialisation aidante, les risques se sont dispersés à travers la planète, jusqu’à ce plus personne ne connaisse leur importance et surtout qui les supportait. Il n’en fallait pas plus pour que la défiance s’installe entre les différents acteurs financiers et grippe un système dont la loi du marché apparaissait comme inébranlable.
Le deuxième point commun est que tous deux devront, en qualité de contribuable, financer le plan de reprise du Trésor américain censé sauver ces établissements qui ont profité allègrement de la dérégulation au cours des dix dernières années. Sept cent milliards de dollars sont annoncés pour éviter la banqueroute de la finance américaine. Sept cent milliards de dollars pour dédouaner l’administration Bush et la Réserve Fédérale de leur laxisme vis à vis du monde des affaires. Sept cent milliards de dollars ponctionnés à des individus, dont certains se sont vus entre-temps saisir leur maison, sans qu’il soit établi que l’énormité de la somme soit suffisante pour panser les plaies d’un capitalisme bien éprouvé. Les temps sont ainsi devenus incertains et la crise financière qui, selon les propos des plus éminents économistes relayés par le politique, était derrière nous, n’en finit plus d’être présente pour une durée indéterminée. Les certitudes s’effondrent aujourd’hui hormis un point qui ne peut plus souffrir du moindre doute : George W. Bush est bien l’un des plus mauvais président que les Etats-Unis aient porté à sa tête.
Publié le 20/09/2008 à 12:00 par jefka

La laïcité positive est une ineptie. Elle consiste à présenter le fait religieux comme constitutif de notre identité politique et citoyenne. Cette conception est totalement dénuée de sens à propos du pacte républicain qui nous unit et que nos Pères ont si durement acquis, ce qui en fait également une proposition révoltante. La République n'est concevable que par les citoyens et pour les citoyens, sans qu'aucune croyance personnelle ne vienne interférer son mode de fonctionnement. La foi est somme toute subjective et ne peut ainsi être garante de l'équité d'une société, ni représenter la synthèse d'un modèle universel compte tenu de la multiplicité des religions.
La laïcité n'a pas à être positive, ni négative d'ailleurs. Un esprit républicain versant dans un anticléricalisme primaire ne conduirait qu'à des excès nuisant aux libertés individuelles. Le culte est un droit pour tout individu qui en exprime le besoin, mais son exercice ne doit pas dépasser la sphère religieuse. Il n'est donc pas question d'interdire toutre association religieuse ou spirituelle, ni de renier un héritage historique fondamentalement empreint de catholicisme. Tout comme le citoyen n'a pas à se préoccuper du fléchissement croissant du nombre de fidèles de l'Eglise catholique. Il est donc inconvenant que le plus haut représentant de la République française ait pu faire la promotion d'une religion lors de la visite papale.
Publié le 18/09/2008 à 12:00 par jefka

Ségolène Royal a découvert les vertus du froid en remisant au frigidaire sa candidature au poste de premier secrétaire du parti socialiste. Pendant ce temps, Bertrand Delanoë et François Hollande deviennent véritablement amis, alors que Montebourg et Moscovici, si proches un temps donné, n’ont pas déjeuné ensembles à la Rochelle. Mais ces deux derniers semblent s’être réconciliés depuis sur un plateau de télévision. Martine Aubry, quant à elle, peine à annoncer sa candidature, préférant un discours axé sur le collectif, bien qu’il ne fasse aucun doute qu’elle soit convaincue elle-même d’être la mieux placée pour un destin présidentiel. Elle crée même la surprise en s’affichant ouvertement vers une alliance avec Laurent Fabius, au grand dam de Pierre Mauroy qui y voit le spectre d’un isolement. Julien Dray, également sur les rangs au poste de direction de son parti, pratique le silence radio. Enfin, Strauss-Kahn est le grand absent médiatique de ces grandes manœuvres mais il est plus que probable qu’il ne reste pas inactif dans l’ombre de son bureau du FMI.
Que faut-il donc penser de tous ces procédés qui semblent n’intéresser que le parti socialiste, encore que les militants se font de plus en plus critiques. Est-ce le signe d’une organisation résolument démocratique dont chaque courant est libre de s’exprimer et ainsi prétendre aux plus hautes fonctions ? Ou le symptôme d’un parti gangréné par ses divisions et dont l’unité n’est qu’une façade pour que chacun puisse malgré tout exister politiquement ? Une chose est certaine, la société française a besoin d’une opposition digne de ce nom car à défaut, ce sont les extrêmes qui profiteront de cette place laissée vacante.